mercredi 15 avril 2009

Hiroshima




La vie japonaise, les derniers jours à Kyoto avec Chieko et le voyage tout entier finalement, nous ont bien fatigués. Une bonne nuit de sommeil et un lever tardif nous remettent un peu sur pieds. Rien de prévu aujourd'hui hormis peut-être une balade, sans but précis, à travers la ville d'Hiroshima. Il fait très beau et, au gré de cette promenade, les monuments à la mémoire des victimes de la bombe A nous rappellent combien la tragédie du 6 août 1945 a été catastrophique pour les habitants d'Hiroshima, les Japonais en tant que nation et pour l'humanité tout entière. En conséquence, nous atterrissons au Musée du Mémorial pour la Paix. En entrant, nous sommes littéralement "pris au tripes" par une introduction qui ne ménage pas le visiteur: musique lancinante en fond (tu avais raison Nadia!), on y voit la ville anéantie mais aussi les effets physiques et psychologiques qu'a engendrés la bombe immédiatement après le largage, 10 ans après et ce qu'il reste de cette catastrophe, échaffaudée par l'Homme de nos jours, à savoir les leçons qui ont pu en être tirées. C'est un musée très documenté, militant anti-nucléaire, qui prône la paix dans le monde et qui se veut, en quelque sorte, le porte-voix des victimes de la guerre (et des guerres en général). La création de l'Association internationale des Maires pour la Paix, l'organisation de conférences et d'expositions à travers le monde (aux USA surtout!) sur la bombe A, les conséquences de son usage et les dangers de l'existence de l'arme atomique sont autant d'exemples des actions menées par le musée. En exposant et expliquant les horreurs consécutives au largage de la bombe, le musée revêt un caractère éducatif pour tous et en particulier pour les jeunes générations. Avec la disparition, peu à peu, des derniers "hibakusha" (survivants à la bombe atomique) et la construction d'immeubles de plus en plus hauts à proximité du Dôme de la Bombe A (derniers vestiges et symbole de la tragédie du 6/08/1945), certains craignent que le public se désensibilise peu à peu au drame et finisse par l'oublier. Confrontés à la guerre dans toute son absurdité, lors de la visite du musée, nous en découvrons une réalité bien physique en nous approchant du Dôme de la Bombe A. Il s'agit du bâtiment de la mairie de l'époque qui servait de palais du Développement industriel et était la fierté de la ville. La bombe a pratiquement explosé au-dessus de lui et ses ruines, conservées en l'état, sont maintenant les témoins du drame. Elles font désormais partie du Patrimoine mondial de l'Unesco. Dans cette ville empreinte d'Histoire et de drames (collectifs et individuels), nous nous sentons étrangement bien, comme si un souffle de paix flottait dans l'air. Emus par tout ce que nous avons vu et, nos souvenirs de cours d'histoire rafraîchis, nous digérons notre journée, qui devait être si légère, face au soleil qui se couche sur le Dôme.




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