dimanche 29 mars 2009

Quelques photos de nous (pour Raphaël et pour les autres aussi)


Balade dans les rizières, Mai Chau (1)


Balade dans les rizières, Mai Chau (2)


A Can Cau

Sur le vif... (quelques anecdotes en vrac)


Jour 1: Cueillette des feuilles de thé. Nous nous arrêtons pour échanger avec ces deux femmes

Jour 1: A Viet-Tri, Jean-Paul (le coquin) nous propose de nous arrêter pour prendre un café. Nous faisons donc halte dans un de ces endroits, comme il y en a tant sur le bord de la route, dont la porte d'entrée est un rideau de bandelettes en plastique (comme chez Mamie quand on était petits!). Alors que nous sirotons un café viet tous les quatre, les "serveuses" nous proposent un massage. En réalité, Jean-Paul et moi ne sommes pas concernés par la proposition, les cibles sont plutôt Thin et Yoan!!! Je me fais confirmer la théorie de la maison de passe (qui était pourtant évidente... en 2009, j'suis toujours aussi longue à la détente!) en remontant dans la voiture et nous comprenons mieux la présence de panneaux de prévention contre le SIDA sur le bord des routes. Malgré les apparences, le fléau sévit dans des zones pourtant reculées du Vietnam, véhiculé par une prostitution qui touche des filles très jeunes, parfois déjà mères. JP ne nous ménage pas, et ce dès le 1er jour, et nous fait voir toutes les réalites de son pays, quelles qu'elles soient.


Jour 1: Nous nous arrêtons sur le bord de la route pour admirer le paysage et discuter avec des locaux.


Jour 3: A Can Cau, cette mère allaite son bébé, porte un autre enfant dans son dos et discute avec ses amies quand soudain, le nourisson, alors qu'il continue son repas, défèque dans la marmite et sur la jupe d'une des amies de sa mère...


Jour 4: Sapa, une vieille femme Dao rouge brode


Jour 4: Cette très jeune mère hmong et sa mère devaient rejoindre leur village, 40 kms plus loin. Nous leur proposons de les rapprocher et elles montent dans notre véhicule. Habituées à se déplacer à pied, le voyage en voiture se passera plus que difficilement pour la mère qui vomira tout le trajet...


Jour 5: Sur la route entre Muong Lay et Son la, nous partageons une papaye avec des femmes sur le marché de Thuan Chau et rigolons bien avec elles, grâce à la traduction quasi simultanée de JP!


Douche au bord de la route


Sieste au bord de la route


Partie d'échecs chinois


Enfants qui jouent, sur un marché


Déjeuner sur le marché de Can Cau


Coiffeur sur le marché de Can Cau

Boucle du nord-ouest - Couleurs et horreurs des marchés


Petit déjeuner au marché de Sapa


Fritures variées

A chaque fois, c'est une façon de voir un condensé de scènes de vie. Belles étales de fruits, légumes et herbes fraîches mais aussi tripailles, sang frais et têtes de chien (de bon matin!), nous sommes passés par moultes sensations face à la richesse et à la diversité qu'offrent les marchés vietnamiens.


A Muong Lay, de bon matin: sang frais et tripes de porc au menu!

D'Hanoi à Can Cau en passant par Son La, on y fait le commerce d'une myriade de produits: outils, paniers, tissus, vêtements, accessoires, animaux vivants (chevaux, porcs, buffles, poulets), viande, épices, légumes et fruits, tabac (à tester sur place, en partageant une pipe à eau), plats préparés à consommer in situ. Des coiffeurs, médecins et diseurs de bonne aventure y proposent aussi leurs services.


Marché de Sapa


Etale de viande de chien ("Thit Cho", comme on dit ici) à Son La


Poulets blancs et noirs, Sapa

Le marché de moyenne montagne de Can Cau attire beaucoup de monde: ethnies qui vivent en altitude, populations de la vallée (Bac Ha) mais aussi des Chinois, la frontière avec la Chine étant à seulement 13 kms.


Vers à soie




Tofu, à Can Cau. Ne surtout pas en manger selon Jean-Paul car rempli de bactéries et maladies!


A Can Cau

Maquignons à Can Cau


Marché haut en couleurs de Can Cau (1)


Marché haut en couleurs de Can Cau (2)


Marché sur le route de Yen Bai

Volailles, marché sur le route de Yen Bai


En-cas de 10h00, marché paysan sur la route de Yen Bai

Boucle du nord-ouest - Minorités ethniques



Découvrir des paysages à couper le souffle et sortir des sentiers battus avec notre guide étaient les objectifs évidents de notre semaine dans le nord-ouest vietnamien. On s'imaginait bien qu'on allait cotoyer des personnes issues de certaines des 54 minorités ethniques que compte le Vietnam et en apprendre plus sur leurs modes de vie et leurs traditions; on a finalement fait de magnifiques rencontres et ces visages, sourires et autres discussions (par gestes!) resteront gravés dans nos esprits et surtout dans nos coeurs, pour un bon moment!
Jean-Paul Thin, notre guide connaît particulièrement bien les minorités du nord du Vietnam et s'intéresse à leur tradition et à leur évolution dans la société vietnamienne depuis plus de 15 ans.

Hmongs fleuris - Fillette portant son très jeune frère et aidant son autre frère sur le chemin de retour du marché


Jeune femme thai




Femmes Dao rouges



Jadis, ces populations étaient appelées "montagnards" par les Français car elles résident en altitude, loin des axes de communication contrairement aux Vietnamiens qui préfèrent vivre dans les villes et se rapprochent toujours du bord des routes.

Aujourd'hui les minorités bénéficient d'aides particulières de l'Etat vietnamien et ce, tout d'abord parce ce sont des populations très pauvres, qui vivent dans de mauvaises conditions sanitaires, ensuite parce que l'Etat a pour volonté d'apaiser leurs revendications indépendantistes. Mission accomplie pour l'Etat puisque les enfants (qui bénéficient d'une éducation gratuite assortie d'une ration de riz pour chaque journée de présence) vont maintenant à l'école et apprennent le vietnamien, les parents se voient dans l'obligation, du fait du développement du tourisme, d'améliorer les conditions d'hygiène (séparation entre le foyer et l'habitat des animaux (porcs, volailles), etc.) et des puits et arrivées d'eau sont installés dans les villages. Par exemple, l'ethnie des Hmongs était surnommées les Meo par les Vietnamiens, ce qui signifie "chat", sous-entendu" qui n'aime pas l'eau". Les enfants tout comme que le logement sont souvent très sales et poux et puces sont des invités fréquents chez les populations des montagnes.
Ces évolutions ne touchent bien entendu pas toutes les populations mais celles qui ont fait le choix de se rapprocher des vallées et de se sédentariser. Tous ces changements, associés à des influences extérieures toujours plus présentes, amènent aussi leur lot de problèmes: mendicité, perte des repères et des savoirs traditonnels, prostitution, etc.

Au cours de notre semaine dans le nord-ouest, nous avons croisé nombre d'ethnies hautes en couleurs et les noms de certaines d'entre elles nous auront échappé mais je vais tenter de me rafraîchir la mémoire et de vous transmettre nos rencontres sur les hauts plateaux du Tonkin.


Une famille de Dao blancs, nos hôtes (Ngat et son fils), près du lac de Yen Bai (Jour 1)


Maison des Dao blancs (identique à celle dans laquelle nous avons logé la 1ère nuit de notre boucle)


Abri pour porcs, dans un village hmong (près de Bac Ha)


Cuisine, chez les Hmongs (près de Bac Ha)

Vieille femme de l'ethnie des Hmong noirs, égrainant le maïs




Hmongs fleuris, sur le route du marché de Can Cau

Hmongs fleuris sur le marché de Can Cau

Boucle du nord-ouest - Nos compères



Nous voilà donc partis pour une semaine en compagnie de Jean-Paul et Thin.
Bon, ne vous mélangez pas les pinceaux, j'ai écrit dans le message précédent que notre guide s'appelait Jean-Paul; il s'appelle en réalité Nguyen Jean-Paul Thin. Nguyen est le nom de famille, commun à 28% des Vietnamiens, Jean-Paul et Thin sont ses deux prénoms. Nous l'appellerons Jean-Paul. Thin est le prénom de notre chauffeur, car au Vietnam, toute location de véhicule se fait avec un chauffeur ce qui, étant donné les conditions de circulation, se comprend aisément. Nous vous présentons donc Jean-Paul et Thin.



Thin est vraiment très agréable. Nous échangions quelques mots de vietnamien. Jean-Paul venait à notre secours et nous servait d'interprète pour aller au-delà du merci-bonjour-au revoir-bonne nuit. Il a très bien conduit tout au long de la semaine et a su garder son calme après deux crevaisons et quand il a fallu payer une amende "fictive" à une police vietnamienne plus que corrompue.

Jean-Paul est un sacré personnage. Affable, sympathique, rieur. Et quelle histoire! Né en 1949 en Nouvelle-Calédonie après que ses parents aient émigré du Vietnam dans les années 1920, il y grandit jusqu'à l'âge de 16 ans. En 1966, en pleine guerre du Vietnam, il décide de s'engager dans l'armée pour défendre son pays. Il fera 16 ans de carrière au sein du Viet cong, vivra le siège de Khe Sanh et la guerre contre les Chinois (à partir de 1979). Il s'exprime correctement en français mais nous a toutefois gratifiés de quelques répliques mémorables:
- il mélangeait un peu les -ch et les -ss ce qui nous a conduits à manger des soux et à nous satisfaire de ne pas être en période de mouchon!
- chez les hmongs noirs de la province de Mai Chau, il ne voulait pas dormir parce que "ça pique, y'a des putes" (des puces Jean-Paul, pas des putes!!!)
- et il nous a offert, "du café pour ton parent"

Boucle du nord-ouest - Le programme


Pêcheurs à Hoa Binh


Côté chinois à la frontière de Lao Cai

Dès notre deuxième jour à Ho Chi Minh City, nous contactons Jean Paul Thin, guide qui nous avait été chaudement conseillé avant notre départ. L'idée est de visiter avec lui le nord-ouest du pays, régions montagneuses où vivent de nombreuses minorités ethniques qui, dans leur façon de vivre et de se vêtir, perpétuent de lointaines traditions. Plusieurs mails échangés nous permettent de définir le programme et de nous accorder sur le prix de l'excursion. Nous rencontrons Jean Paul à Hanoi la veille du départ: il nous propose d'apporter une légère modification à l'itinéraire afin de visiter un marché intéressant proche de la frontière chinoise. Nous acceptons les yeux fermés et lui faisons entière confiance. Le programe sera donc le suivant:

- Jour 1: Hanoi - Yen Bai - nous dormons chez l'habitant à proximité de Yen Bai, dans une maison sur pilotis de la minorité des Daos blancs
- Jour 2: Yen Bai - Bac Ha
- Jour 3: Bac Ha - Sapa en passant par le marché de Can Cau près de la frontière chinoise
- Jour 4: Sapa - Muong Lay (ancienne Lai Chau) - La superbe route passe par le col de Tram Ton
- Jour 5: Muong Lay (ancienne Lai Chau) - Son La - Visite entre autres du pénitencier français de Son La
- Jour 6: Son La - Mai Chau - nous dormons chez l'habitant dans une maison sur pilotis de la minorité des Thais blancs
- Jour 7: Mai Chau - Hanoi

L'itinéraire est représenté en bleu sur la carte ci-dessous.



Tout au long de notre périple, nous avons visité de nombreux marchés, l'occasion à chaque fois de découvrir de nouveaux produits et partager de belles scènes de vie.

Les 4, 5 ou 6 heures de route quotidienne traversaient de magnifiques paysages, faits de sommets embrumés, pentes abruptes, rizières en terrasses et belles maisons isolées. Une brume permanente faisait que le ciel n'était jamais vraiment bleu, mais simplement plus ou moins clair. Les routes et chemins étaient tantôt en mauvais état, tantôt en travaux et la patience de rigueur.


Entre Bac Ha et Can Cau

A proximité du Fansipan, plus haut sommet du Vietnam

Village de Muong Lay (ancienne Lai Chau)

Jean-Paul nous expliquait au cours de nombreuses et courtes balades le mode de vie des habitants, les techniques d'agriculture utilisées (récolte du thé à la main, repiquage du riz, plantation du manioc...) et les méthodes d'élaboration des produits de la vie quotidienne (paniers, nattes, tissus...)